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ArmesTchecoslovaquie

 

ArmesTchecoslovaquie1

 

 

 

 

Tchécoslovaquie

 

 

 

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Un peu d'histoire...

 

Les Tchèques comme les Slovaques étaient une des composantes slaves de l'Empire multinational austro-hongrois. Les premiers, habitants de la Bohême-Moravie, faisaient partie de l'Empire d'Autriche (Cisleithanie) tandis que les seconds, habitants de la Haute-Hongrie, faisaient partie du royaume de Hongrie (Transleithanie). Face au processus de germanisation ou de magyarisation qui leur était imposé, des élites tchèques ou slovaques tentaient de préserver leur culture, jetant ainsi les bases d'un mouvement national.

 

Chez les Tchèques, ce nationalisme va trouver un point d'encrage dans le mouvement Sokol fondé en 1862. Au départ simple mouvement sportif, il se développe rapidement et s'étend au domaine culturel, recrutant de nombreux membres au sein même de l'Empire et même au delà, dans les importantes communautés d'origine tchèque de Paris et des États-Unis où des sections du Sokol voient le jour.

 

Lorsque la Première Guerre mondiale éclate, c'est "sans enthousiasme mais sans opposition déclarée" que Tchèques et Slovaques sont mobilisés dans l'armée austro-hongroise. En revanche, Tchèques et Slovaques de l'étranger considèrent la guerre comme une opportunité à saisir pour faire aboutir leurs revendications nationales:

 

  • aux États-Unis, où vivent les plus importantes communautés tchèque et slovaque en exil, dès l'automne 1914, la Ligue Slovaque réclame l'autonomie de la Slovaquie au sein de l'Empire puis se rapproche de son homologue tchèque considérant qu'elles mènent un combat commun. Par la suite, de nombreux volontaires gagneront l'Europe pour combattre au sein des Légions Tchécoslovaques.
  • en France, dès le mois d'août 1914, les associations tchèques Sokol et Rovnost se réunissent à Paris et invitent leurs membres à s'engager dans l'armée française. Le nouveau ministre de la Guerre, Alexandre Millerand, accepte alors la création d'une unité tchèque et slovaque au sein de la Légion Étrangère. Venus de France et d'Angleterre, les premiers volontaires sont incorporés dans la 1ère compagnie (commandée par un officier français, le capitaine Salée) du bataillon "C" du 2ème Régiment de Marche de la Légion Étrangère. Elle prend le nom de Compagnie Nazdar, affirmant ainsi sa filiation avec le mouvement Sokol dont les membres avaient l'habitude de se saluer en utilisant l'expression "nazdar" ("salut"). Elle va combattre de la fin octobre 1914 à avril 1915 en Champagne au sein de la Division Marocaine (5ème Armée) puis, à partir de mai 1915, autour d'Arras, en Artois, où elle subit de très lourdes pertes. Un monument commémoratif sera d'ailleurs inauguré en 1968 sur le territoire de la commune de Neuville-Saint-Vaast, entre la Targette et Souchez, devant le cimetière où reposent les corps de soldats tchécoslovaques tombés durant les deux guerres mondiales. Reconstituée, cette compagnie continuera à combattre en France avant d'être intégrée à l'armée tchécoslovaque créée avec l'appui du gouvernement français en décembre 1917. Ses membres y retrouveront des volontaires venus des États-Unis ainsi que des troupes tchèques et slovaques transférées de Russie, Roumanie et Italie. C'est cette "armée", limitée à une Brigade d'environ 7000 hommes formant les 21ème et 22ème Régiments de Chasseurs Tchèques, qui sera cantonnée au camp de Darney dans les Vosges. Envoyée en Alsace de juillet à septembre 1918, elle combattra sur l'Aisne (très durs combats d'octobre 1918 dans le secteur de Vouziers, Terron et Chestres).

 

  • En Russie, dès le début de la guerre, est créée une compagnie tchèque (Ceska Druzina) dont les membres sont recrutés dans la communauté tchèque de Russie. Intégrée à l'armée russe, ses effectifs vont gonfler en amalgamant des déserteurs et des prisonniers de guerre d'origine tchèque et slovaque de l'armée autrichienne, puis viendront également s'ajouter des volontaires venus des États-Unis. Au début de l'année 1916, la compagnie tchèque devient un Régiment de Fusiliers puis une Brigade. Au début du mois de juillet 1917, alors que l'armée russe est en train de se décomposer après la "Révolution de Février", lors de la bataille de Sborov, en Ukraine, les Tchèques remportent sur les forces austro-allemandes une victoire importante à la fois sur le plan militaire mais surtout politique en terme de reconnaissance nationale. Devenue un Corps d'armée, les autorités bolcheviques acceptent son rapatriement vers l'Ouest via le Transsibérien et Vladivostock. C'est au début de ce long périple qu'en mars 1918, pour éviter d'être capturés par les troupes austro-allemandes, deux régiments et un bataillon tchèques échappent à l'encerclement lors des combats autour de Bachmac, en Ukraine. À partir de l'été 1918, les forces tchèques contrôlent une partie du Transsibérien et c'est au moment où elles allaient s'emparer d'Ekaterinbourg qu'est massacrée la famille impériale russe le 17 juillet (les Tchèques entrent dans la ville le lendemain). En décembre 1918, elles passent sous le commandement du général français Janin et vont combattre aux côtés des Armées Blanches contre l'Armée Rouge jusqu'en 1920. La Légion Tchécoslovaque de Russie, avec près de 70 000 hommes, sera la plus importante par le nombre.

 

  • en Serbie, des prisonniers et des déserteurs tchèques et slovaques vont s'engager et combattre au sein de l'armée serbe. Après la retraite sur Corfou puis Salonique, une partie de ces Tchèques et Slovaques rejoindra la France, l'Italie ou la Russie, d'autres continueront à combattre aux côtés des Serbes sur le front d'Orient et sur le front roumain (divisions serbes formées à Odessa).

 

  • En Italie, on retrouve le même processus qu'en Russie: des prisonniers de guerre d'origine tchèque et slovaque de l'armée autrichienne demandent la création d'une force armée pour combattre aux côtés des Italiens. Il faudra attendre l'automne 1917, après le désastre de Caporetto, pour voir apparaître des unités tchécoslovaques qui vont former une Division puis un Corps d'Armée d'environ 20 000 hommes dont les troupes se distingueront lors des combats sur le Piave et lors de la bataille de Doss Alto.

 

Après le proclamation de l'indépendance de la Tchécoslovaquie, les premiers "légionnaires" tchècoslovaques rapatriés dans leur pays vont être à nouveau mis à contribution entre avril et août 1919 lors du conflit frontalier qui va opposer la Tchécoslovaquie et la Hongrie, conflit au cours duquel la mission militaire française du général Pellé va s'engager pour aider à la préservation de l'intégrité territoriale du nouvel État.

 

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Trois hommes, Tomas Masaryk, Milan Stefanik et Edvard Benes, vont jouer un rôle essentiel dans la naissance de la Tchécoslovaquie.

Universitaire et député de Moravie, Tomas Masaryk quitte Prague dès décembre 1914 et s'installe en Angleterre. Il est imité en septembre 1915 par un autre universitaire, Edvard Benes, qui s'installe à Paris. L'un et l'autre s'accordent pour plaider la cause tchèque auprès des gouvernements français et britannique. En France, ils reçoivent l'appui d'un officier français (il deviendra général) d'origine slovaque, Milan Stefanik, qui fait jouer ses relations politiques pour favoriser la cause tchèque et slovaque.

En février 1916, Masaryk, Benes et Stefanik fondent à Paris le Conseil National des pays tchèques en se fixant une double mission:

- la création d'une armée nationale tchécoslovaque (Stefanik, malgré ses problèmes de santé, se rendra aux États-Unis pour lever des fonds et favoriser l'engagement de volontaires), ce qui se réalise en décembre 1917.

- l'indépendance des Tchèques et Slovaques.

 

Ce deuxième objectif va s'avérer plus difficile, les Alliés n'ayant pas prévu, dans un premier temps, de démanteler l'Empire austro-hongrois. Paradoxalement, la situation va évoluer au cours de l'année 1917, le nouvel empereur, Charles Ier, se voulant plus "libéral" vis à vis de ses minorités nationales...

En mai 1918, Tchèques et Slovaques s'accordent sur l'idée d'un État commun et, en juin, le Conseil National tchécoslovaque est enfin reconnu par les Alliés. En octobre, il se mue en Gouvernement provisoire présidé par Tomas Masaryk, immédiatement reconnu par la France. Quelques jours plus tard, le 28 octobre 1918, l'indépendance de la Tchécoslovaquie est proclamée.

 

 

Benes Masaryk Stefanik

Edvard Benes

Tomas Mazaryk

Milan Stefanik

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